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Fête des mères

La fête des mères célèbre ce que vous faites. Nous, on préfère vous rappeler qui vous êtes...

Chaque année, la fête des mères arrive avec ses fleurs, ses dessins maladroits, ses messages envoyés le matin. C'est un jour doux, sincère, souvent touchant. Un jour où l'on vous remercie pour tout ce que vous faites — les nuits écourtées, les repas pensés à l'avance, les rendez-vous notés, les bobos consolés.

Et tout cela mérite d'être célébré. Vraiment.

Mais la fête des mères a aussi une particularité que l'on remarque peu : c'est un jour qui renforce, presque exclusivement, votre identité de mère. On vous remercie pour ce que vous donnez. Pour votre disponibilité. Pour votre capacité à tout tenir. Et quelque part, sans le vouloir, ce jour-là réaffirme le rôle que vous portez chaque jour — celui qui prend toute la place, et laisse peu d'espace à autre chose.

Chez IntimeCharme, nous avons voulu écrire un article différent. Pas pour contredire la beauté de ce jour. Mais pour y ajouter quelque chose qui manque souvent : un rappel que derrière la mère, il y a toujours une femme. Et que cette femme a, elle aussi, besoin d'être vue.

Pourquoi la fête des mères est, paradoxalement, le jour idéal pour vous reconnecter à vous-même...

Il existe un mécanisme psychologique peu nommé autour de ce jour : la permission sociale. La fête des mères est l'un des rares moments de l'année où personne (votre partenaire, vos enfants, votre entourage) ne trouvera étrange que vous pensiez à vous. Que vous preniez du temps. Que vous ralentissiez. Que vous vous accordiez quelque chose.

Ce n'est pas anodin. Les femmes qui vivent avec une charge mentale élevée, et elles sont nombreuses, expriment régulièrement la même difficulté : elles n'arrivent pas à se donner la permission de prendre soin d'elles-mêmes sans se sentir coupables ou égoïstes. Il y a toujours quelque chose de plus urgent, de plus utile, de plus justifiable.

La fête des mères suspend temporairement cette logique. Ce jour-là, prendre soin de vous n'est pas un luxe : c'est presque un acte attendu, socialement validé. Et si vous utilisiez cette fenêtre, non pas pour faire encore plus pour les autres, mais pour retrouver un peu de vous-même ?

La fête des mères peut-elle vraiment être un moment de reconnexion à soi ?

Oui, à condition de lui donner intentionnellement cette signification. C'est l'un des rares jours de l'année où prendre soin de soi est socialement validé, sans culpabilité, sans justification. Utiliser cette permission pour s'offrir un rituel à soi-même, plutôt que d'attendre les attentions des autres, est une façon concrète d'amorcer une reconnexion à son identité de femme.

Ce qui disparaît quand on devient mère, et dont personne ne parle vraiment...

Il y a quelque chose de magnifique dans la maternité. Un lien unique, profond, fondateur. Un rôle qui transforme et révèle une force insoupçonnée.

Mais il arrive aussi que ce rôle prenne toute la place. Progressivement, sans bruit, sans décision consciente.

Les journées se remplissent d'obligations. Le corps devient fonctionnel avant d'être ressenti. Le miroir devient un passage rapide. Les gestes de soin deviennent automatiques : on se douche parce qu'il faut se préparer, on s'habille parce qu'il faut sortir, on s'endort parce qu'il faut récupérer pour demain.

Et quelque part dans ce quotidien saturé, une part plus intime de soi s'endort doucement. Pas la mère : elle, elle est plus présente que jamais. Mais la femme. Celle qui avait des envies propres, une sensualité, un regard sur elle-même, un désir d'être vue autrement qu'à travers ce qu'elle accomplit.

Les témoignages de femmes qui vivent cela se ressemblent étrangement d'une à l'autre :

"J'ai l'impression de n'avoir rien fait de ma vie pour moi. Mes enfants ont grandi, j'ai travaillé, j'ai géré. Mais moi , la femme que j'étais, où est-elle ?"

"Malgré ma vie de maman que j'ai passée en priorité ces dernières années, qu'est devenue ma vie de femme ?"

"Je me suis oubliée. J'ai tout donné aux autres. Et un jour je me suis regardée dans la glace et je n'ai plus reconnu la femme que j'étais, pas physiquement. Intérieurement."

Ces femmes n'ont pas perdu leur désir de vivre, de ressentir, d'être. Elles ont perdu les conditions dans lesquelles cela était possible. La nuance est fondamentale.

Pourquoi est-ce que je ne me sens plus femme après avoir eu des enfants ?

C'est l'un des vécus les plus fréquents et les moins nommés après la maternité. Le rôle maternel prend progressivement la place de l'identité de femme désirante sans décision consciente. Ce glissement ne traduit pas une défaillance : il traduit un manque de conditions favorables. Le retrouver passe par de petits rituels de reconnexion à soi, pas par une transformation radicale.

Vous n'êtes pas "moins femme", vous êtes indisponible...

La distinction entre "ne plus avoir de désir" et "ne plus avoir les conditions pour le désir" est l'une des plus importantes que la sexologie contemporaine ait mise en lumière, et l'une des plus mal connues du grand public.

La sexologue Clémence Rérolle l'exprime avec une précision rare : "Ce n'est pas l'absence de désir qui est le problème. C'est le contexte qui rend le désir improbable." Le désir féminin, et plus particulièrement dans les couples installés depuis plusieurs années, est majoritairement contextuel et réactif : il ne surgit pas spontanément, mais il peut émerger lorsque les conditions sont réunies. Sécurité émotionnelle, disponibilité intérieure, absence de pression, temps.

Quand ces conditions disparaissent, écrasées par la charge mentale, la fatigue, la routine, le surinvestissement dans le rôle maternel, le désir ne meurt pas : il attend qu'on lui laisse à nouveau un peu de place.

Ce que cela signifie concrètement : vous n'avez pas besoin de "réparer" quelque chose de cassé. Vous avez besoin de recréer des conditions. Et c'est une différence qui change tout parce qu'elle déplace la question de l'identité (suis-je une femme défaillante ?) vers la question du contexte (quelles conditions est-ce que je peux me créer ?).

massage couple maison
Le désir "réactif" ou "responsif" est un modèle reconnu par les sexologues modernes (notamment Emily Nagoski) pour décrire la façon dont de nombreuses femmes expérimentent leur désir : non pas comme une pulsion spontanée, mais comme une réponse à un contexte favorable (tendresse, sécurité affective, disponibilité, absence de pression).

La charge mentale comme éteignoir du désir : ce que les chiffres disent

Comprendre pourquoi la reconnexion à soi est si difficile passe par un constat objectif, documenté, que plusieurs grandes enquêtes françaises récentes confirment.

Selon une enquête de l'Inserm, 77,2 % des femmes déclarent une activité sexuelle avec un partenaire dans les 12 derniers mois, contre 86,4 % en 1992. La baisse n'est pas anecdotique : elle est structurelle.

L'enquête Ipsos/Maxi 2024 indique que 39 % des françaises estiment la répartition des tâches inéquitable dans leur couple, et que 25 % ne se sentent pas écoutées par leur partenaire.

L'enquête Ifop/LELO 2024 révèle que seulement 43 % des français font l'amour au moins une fois par semaine, contre 58 % en 2009. Plus significatif encore : 52 % des femmes de 18 à 49 ans déclarent avoir déjà fait l'amour sans en avoir envie, un chiffre en baisse depuis 1981 (76 %), ce qui traduit une affirmation croissante du consentement, mais aussi une mise en tension plus visible des couples.

Ce que ces données signifient : la baisse du désir et de la fréquence des rapports chez les femmes n'est pas un phénomène individuel ou médical dans la majorité des cas. C'est le résultat d'une surcharge systémique. La charge mentale est l'éteignoir du désir le plus documenté, le plus répandu, et le moins discuté en dehors des cercles spécialisés.

Qu'est-ce que la charge mentale a à voir avec le désir sexuel ?

La charge mentale est le facteur le plus fréquemment cité dans les témoignages de femmes qui ont perdu leur désir. Elle maintient le système nerveux en état d'alerte permanent : un état physiologiquement incompatible avec le désir. La charge mentale rend la femme indisponible au plaisir, même quand elle le souhaiterait.

Le glissement silencieux : de femme à mère, du désir à la gestion

Le glissement qui transforme progressivement une femme désirante en gestionnaire épuisée ne ressemble pas à un événement. Il ressemble à une accumulation.

La sexologue Virginie Piront (Bruxelles) décrit le mécanisme avec précision : après l'arrivée des enfants, le couple conjugal glisse vers une prédominance du couple parental. La femme cesse progressivement de se percevoir comme l'amante de son partenaire. Elle voit en lui "le père de ses enfants" : un rôle fondamental, précieux, mais qui désexualise la relation de façon presque mécanique.

Ce glissement a plusieurs symptômes caractéristiques, que les femmes décrivent souvent avec les mêmes mots :

  • Le toucher vécu comme une demande : les moments de tendresse physique deviennent associés à une attente, une dette, un objectif. Le corps n'est plus un lieu de plaisir — il est un terrain de négociation.
  • La disparition du regard : "Il ne me regarde plus. Il me voit, mais il ne me regarde plus. Ce regard qu'il avait au début, quand nos yeux se croisaient... ça fait longtemps que je ne l'ai plus vu.".
  • L'identité maternelle qui absorbe tout : "Je vois mon mari comme le père de mes enfants, pas comme mon amant.".

Ce glissement n'est pas une fatalité. Mais il ne se renverse pas par la volonté seule. Il se renverse par des conditions, des contextes, des rituels.

Ce que retrouver sa féminité signifie vraiment, loin des injonctions

Il faut être précis ici, parce que les injonctions autour de la féminité sont déjà suffisamment pesantes.

Retrouver sa féminité ne signifie pas :
  • Redevenir celle que vous étiez avant les enfants (cette femme-là a évolué, et c'est bien).
  • Correspondre à une image de femme désirable définie par d'autres.
  • Produire du désir pour répondre aux attentes de votre partenaire.
  • Performer une sensualité que vous ne ressentez pas.
Retrouver sa féminité signifie :
  • Renouer avec le sentiment d'exister en dehors de vos rôles.
  • Retrouver du plaisir dans son propre corps — d'abord pour soi.
  • Se sentir à nouveau présente à soi-même, pas seulement disponible pour les autres.
  • Reprendre possession de quelques minutes par jour qui n'appartiennent qu'à vous.

Les femmes qui témoignent d'un retour du désir dans leur couple, ou simplement en elles-mêmes, décrivent presque toujours le même point de départ : non pas un grand geste, mais un petit rituel répété avec intention. Un moment où elles ont recommencé à "prendre soin d'elles". Non pas pour plaire, mais pour se sentir à nouveau vivantes.

Est-ce normal de ne plus avoir envie de mon partenaire alors que je l'aime encore ?

Oui, et c'est l'une des réalités les plus documentées en sexologie. La coexistence d'un amour intact et d'une baisse de désir ne signifie pas que la relation est terminée. Elle signifie que les conditions du désir ont disparu à cause de la charge mentale, de la fatigue, de la routine, du glissement identitaire,...

Les petits rituels qui changent tout : ce que les femmes disent vraiment

Les témoignages de femmes qui retrouvent leur désir n'évoquent presque jamais de grands bouleversements. Ils évoquent des petits gestes discrets, répétés, intentionnels.

"J'ai commencé à prendre soin de moi. Pas pour lui. Pour moi. Un rituel le soir, un bain, une crème que j'aimais. Et quelque chose s'est réchauffé. Je me suis remise à me sentir dans mon corps. Et de là, le désir a suivi."

"Un soir il a pris les enfants, il a tout préparé, et il m'a dit 'tu n'as rien à faire ce soir'. Juste ça. Ce n'était pas spectaculaire. Mais dans ce geste il me disait : je te vois. Et quelque chose s'est ouvert."

Ce que ces témoignages ont en commun, c'est la notion de transition : un geste, un objet, un rituel, qui signale que le temps de la gestion est terminé, et qu'un autre espace plus lent, plus doux et plus intime peut commencer.

C'est exactement ce que la sexologue clinicienne Hello Hédoné formule ainsi : "Le désir naît d'un contexte : sécurité, disponibilité intérieure, permission, temps." Les rituels sensoriels comme allumer une bougie, choisir un soin que l'on aime vraiment, prendre le temps d'une douche que l'on prolonge ne sont pas de simples objets décoratifs ou de luxe. Ils sont des outils de transition psychique. Ils disent au système nerveux : tu peux lâcher prise...

rituel bain femme

Fête des mères : cinq façons concrètes de 
vous offrir une place

Ces propositions ne sont pas des injonctions. Ce sont des invitations simples, accessibles et ne demandant aucune organisation complexe.

femme allume bougie
Créer un sas de transition entre le jour et la soirée

 L'une des principales raisons pour lesquelles les femmes n'arrivent pas à se retrouver le soir, c'est l'absence de frontière nette entre le temps de la gestion et le temps de soi. Le cerveau reste en mode "liste de tâches" jusqu'à ce qu'un signal lui indique que ce temps est terminé.

Geste concret : allumez une bougie en fin de journée, non pas pour décorer la pièce, mais pour marquer une transition. Ce geste simple, répété avec intention, crée une habitude neurale : quand la bougie est allumée, le temps de la gestion s'arrête.

femme soin corporel
Retrouver le plaisir d'un soin fait pour vous, pas à la hâte

Le corps d'une mère est souvent un corps fonctionnel : on le prépare, on l'habille, on le fait avancer. Se laver devient une tâche parmi d'autres. Transformer une douche ou un soin en rituel, en choisissant un savon que l'on aime vraiment, en massant sa peau avec attention, en restant deux minutes de plus sous l'eau chaude, est un acte de réaffirmation : ce corps est aussi un lieu de sensations, pas seulement d'utilité.

femme lit magazine
S'accorder une lecture lente, seule, sans objectif

Un magazine, un livre, un article choisi pour soi. Pas pour être plus efficace, pas pour apprendre quelque chose d'utile mais juste pour le plaisir de lire. Ce moment de lecture solitaire permet aux femmes de se retrouver vraiment seules avec elles-mêmes, sans demande, sans attente, sans rôle à jouer.

femme lingerie
Porter quelque chose qui vous fait vous sentir femme

Une robe que vous aimez, de la lingerie, un parfum oublié dans un tiroir. Se vêtir avec intention pour le plaisir de se sentir bien dans sa peau est un acte de désir avant d'être un acte de séduction. Les femmes qui retrouvent leur élan décrivent souvent ce point de départ : recommencer à s'habiller pour elles-mêmes, pas seulement pour être présentables.

panneau porte ne pas deranger
Vous autoriser à ne pas être disponible ce soir

C'est peut-être la proposition la plus radicale et la plus simple. Ce soir, vous avez le droit de dire : je ne suis disponible pour personne. Pas même pour votre partenaire, si vous n'en avez pas envie. La disponibilité permanente est l'une des causes les plus documentées de l'épuisement du désir. Un soir de non-disponibilité assumée n'est pas un manque d'amour. C'est un acte de préservation de soi et paradoxalement, souvent, un acte qui rouvre quelque chose.

Du soin de soi à la complicité retrouvée : pourquoi l'ordre compte...

Il existe une confusion fréquente autour du désir dans le couple : on cherche à raviver la relation, alors que le chemin passe d'abord par soi. Avant de désirer l'autre, il faut se retrouver soi-même.

Les sexologues qui travaillent sur le désir féminin insistent sur cette séquence : la reconnexion à soi précède la reconnexion à l'autre. Ce n'est pas de l'égoïsme : c'est une réalité du fonctionnement du désir chez les femmes, particulièrement dans les couples installés.

Une femme bien dans son corps, qui se sent vivante et non seulement utile, génère naturellement plus d'élan. Pas parce qu'elle "s'est forcée à désirer", mais parce qu'elle a recréé les conditions intérieures dans lesquelles le désir peut exister.

Pour cette fête des mères, l'invitation n'est pas de tout résoudre d'un coup. C'est de commencer par un geste, un seul, qui dit à votre système nerveux, et à vous-même : "Je compte aussi".

Ce que cette journée peut devenir si vous lui donnez une nouvelle signification

La fête des mères peut rester ce qu'elle est : un jour de gratitude, de fleurs et de dessins. Il n'y a rien à "corriger" là-dedans.

Mais elle peut aussi devenir autre chose, si vous le décidez.

Elle peut devenir le jour où vous prenez la décision de vous offrir à nouveau une place dans votre propre vie. Pas une grande décision, pas une résolution ambitieuse. Juste un rituel, une intention, une bougie allumée avec conscience.

Parce que vous n'avez pas disparu derrière vos rôles. Vous attendez, en veille, que quelqu'un vous en donne la permission.

Ce quelqu'un peut être vous.

Sources :

Enquête CSF-2023 Inserm/ANRS-MIE · Enquête Ifop/LELO 2024 · Enquête Ipsos/Maxi 2024 · Sexologue Clémence Rérolle · Sexologue Virginie Piront · Hello Hédoné · Cabinet de Sexologie Reims


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